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Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), organisation internationale, créée en 1960 sur l'initiative de l'Arabie Saoudite, de l'Iran, de l'Irak, du Koweït et du Venezuela, et chargée de coordonner les politiques pétrolières des États membres. L'OPEP compte aujourd'hui douze membres: Algérie, Gabon, Indonésie, Iran, Irak, Koweït, Libye, Nigeria, Qatar, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis et Venezuela (l'Équateur a rejoint l'OPEP en 1973 et l'a quittée en 1992). Le siège de l'OPEP se trouve à Vienne, en Autriche. L'autorité suprême de l'organisation est la Conférence, constituée de représentants haut placés des gouvernements des membres qui se réunissent au moins deux fois par an pour formuler leur politique. Le Conseil des gouverneurs applique les résolutions de la Conférence et dirige l'organisation. Depuis sa création, l'OPEP a dû s'affirmer face à la circonspection des compagnies pétrolières qui l'ont finalement acceptée comme interlocuteur. La création de l'OPEP a eu des conséquences très importantes. Son existence même a amené la définition d'une politique commune des États du tiers monde, favorisée par le fait que le secrétariat général est occupé par un fonctionnaire de nationalité différente à chaque renouvellement. Cette politique de concertation permet l'alignement des principes de base qui régissent la législation pétrolière des États membres. La charte de l'OPEP élaborée à Caracas en 1961 prévoit d'augmenter les revenus pétroliers des pays membres pour assurer leur développement, d'assurer progressivement leur contrôle sur leur production et d'unifier les politiques de production notamment par le biais de quotas. La politique pétrolière de l'OPEP Dans un premier temps, de 1960 à 1970, l'OPEP ne s'intéressa qu'aux royalties versées par les compagnies pétrolières internationales. Par ailleurs, les tentatives d'élaborer une politique commune stagnaient. Même les quotas indicatifs n'étaient pas respectés. Les années 1970 marquèrent un tournant sur les fronts économique et politique. Sur le plan économique, les États consommateurs se lancèrent dans une conversion aux produits pétroliers de leur consommation énergétique au détriment des autres sources d'énergie: la demande explosa et le rapport de force entre producteurs et consommateurs s'inversa au profit des premiers. Dans le même temps, au niveau politique, le pétrole devint une arme de chantage qui s'exerça à l'occasion de la guerre du Kippour, en 1973, entre Israël et la «Nation arabe». Les pays arabes imposèrent un embargo aux pays soutenant Israël, créant ainsi une panique dans les pays consommateurs. À cette occasion se créa le marché libre de Rotterdam. Ce fut la première crise pétrolière. Puis le marché se calma, les pays producteurs craignant la réaction des pays consommateurs qui se lançaient dans des politiques d'économie d'énergie. Un moratoire sur les prix fut même signé à Genève en 1977 et à Caracas en 1978. À la fin des année 1970, l'instauration d'un régime islamique en Iran et la guerre Iran-Irak firent craindre d'autres pénuries, ce qui aboutit à une nouvelle montée des prix. Dès lors, la politique de l'OPEP devint plus agressive. Cette deuxième crise pétrolière eut des conséquences plus lourdes que la première pour les pays consommateurs dont les déficits s'accroissaient brutalement. Les États non producteurs du tiers-monde en ont particulièrement subi les conséquences. Le marché ne se stabilisa qu'en 1981 et le premier objectif de l'OPEP semblait en partie atteint. Le deuxième objectif ne se concrétisa qu'à partir de 1972. Pour assurer la mainmise des pays producteurs sur leurs ressources, trois solutions ont été adoptées. Le première a consisté à exproprier les compagnies internationales en les nationalisant (Algérie en 1971, Libye et Irak en 1972). D'autres pays ont adopté des mesures plus souples à base de participation progressivement croissante dans les sociétés exploitantes par le biais de compagnies nationales créées à cet effet. L'accord cadre de NewYork en 1972 entérina cette mesure prise notamment par les pays du golfe Arabo-persique. Troisième solution: les pays détenteurs de ressources pétrolières mirent en production des gisements inexploités en association avec des compagnies qui servent d'opérateurs travaillant sous le contrôle de l'État hôte (par exemple l'Indonésie). L'OPEP après le deuxième choc pétrolier Les limites de la politique pétrolière de l'OPEP Depuis lors, la réaction des pays consommateurs (économies drastiques, valorisation de nouveaux gisements en mer du Nord notamment et de nouvelles formes d'énergie) a affaibli la position de l'OPEP. Les prix stagnent, la production est en baisse et les revenus pétroliers diminuent, plaçant les États producteurs dans des situations difficiles. L'OPEP s'organise. Deux solutions sont préconisées: développer la production pour faire baisser les prix et donc ramener la demande vers l'OPEP au détriment des autres producteurs plus chers ou, au contraire, rationaliser la production pour créer une pénurie génératrice de prix élevés. La première solution ne peut réussir que si elle est menée conjointement par tous les membres de l'OPEP. Or tous n'ont pas la même capacité à augmenter leur production. La seconde solution nécessite un consensus impossible à mettre en œuvre à cause des divergences politiques et économiques entre certains membres. En effet, une baisse des revenus immédiats serait catastrophique pour certains pays africains notamment. Enfin, cette solution encourage les pays consommateurs dans leur politique visant à se détacher de leur dépendance vis-à-vis de l'OPEP. La politique des quotas ayant échoué, en 1985, c'est la seconde solution qui fut adoptée. Là aussi, l'OPEP subit un grave échec: la surproduction fit chuter les prix et donc les revenus pétroliers. À la fin des années 1980, c'est la conciliation qui fut à l'ordre du jour. Cette conciliation se traduisit par une stabilisation des prix acceptable par les producteurs, qu'ils fissent ou non partie de l'OPEP, et les consommateurs. Elle entraîna également l'acceptation par les producteurs extérieurs à l'OPEP d'une baisse de leur production pour éviter une chute des cours des producteurs membres de l'OPEP. Il apparaît, au début des années 1990, que l'OPEP a échoué dans sa volonté d'unifier les politiques de production, le troisième volet prévu par la charte.






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